par Nathaniel T. Jeanson, Ph.D. *
L’organisation évolutionniste théiste BioLogos a récemment et publiquement défié les créationnistes d’expliquer des exemples spécifiques « d’ADN poubelle ».1 Ce « gant jeté » offre une occasion unique de reconnaître et de comprendre certaines des tactiques des évolutionnistes.
La prétention de l’ADN poubelle n’est pas nouvelle. Le fondateur de BioLogos, Francis Collins, a présenté l’argument en 2006 dans son livre The Language of God que « à peu près 45 pour cent du génome humain est composé de…déchets flottants génétiques….Cet type de données génomiques récentes présente donc un écrasant défi au [créationnisme]….Bien sûr, certains diront que ce sont en fait des éléments fonctionnels placés là par un Créateur pour une bonne raison, et que nous les considérions comme de « l’ADN poubelle » trahit seulement notre niveau actuel d’ignorance. Mais certains exemples rendent difficilement crédible cette explication. »2
Quels exemples? Deux ont été récemment offerts par Dennis Venema, l’un des blogueurs réguliers de BioLogos. Il a cité l’existence du « pseudogène » de la vitellogénine et la présence de grandes quantités de séquences répétitives dans l’ADN de l’oignon aussi difficile à concilier avec la création spéciale.1

Les évolutionnistes ont-ils trouvé une faille dans le modèle biblique ?

Tant les prétentions de Collins que celles de Venema ne tiennent pas compte du contexte. Alors que Collins a reconnu l’ignorance en tant que possible (quoique improbable) explication de l’existence de l’ADN poubelle, il n’a pas saisi la profondeur de l’abîme dans nos connaissances. Venema non plus. Puisque Venema a fait reposer la charge de la preuve de la « fonction » sur les épaules des créationnistes, il a laissé entendre que la preuve de la non-fonction était importante -ou « écrasante », pour reprendre l’expression de Collins. En fait, le contraire est vrai.
Pour conclure qu’une séquence d’ADN n’a pas de fonction (c’est-à-dire, qu’elle est constituée de « déchets flottants » ou « poubelle »), un scientifique doit avoir testé toutes les paires de base (les quatre paires de bases de l’ADN sont A, T, G et C) dans le génome humain (la totalité de notre séquence d’ADN) pour la fonction. Ceci est une tâche impossible.
Un simple calcul montre pourquoi. Le génome humain est constitué d’environ 3 milliards de paires de bases d’ADN. Cette longue bande de code moléculaire est responsable du développement -initialement sur une période de neuf mois, puis des décennies au total- des trillions des cellules adultes qui composent le corps humain. De toute évidence, il est impossible pour n’importe quel scientifique ou même un consortium mondial de scientifiques d’avoir testé, une par une, toutes ces paires de bases d’ADN dans l’ensemble de ces cellules à l’ensemble de ces points dans le temps.
Ainsi, la charge de la preuve pour l’assertion de la « non-fonction » repose en fait sur les épaules de ceux qui proposent cette hypothèse. Lorsque Venema a cité deux exemples isolés de non-fonction supposée, il n’a pas découvert un problème pour le modèle créationniste; il a trouvé deux nouvelles hypothèses à tester. Il a argumenté à partir d’une supposition, pas à partir de preuves -un argument que personne ne devrait prendre au sérieux.
Est-ce que d’autres expériences confirmeront l’hypothèse de BioLogos? Le bilan de la recherche sur l’ADN « poubelle » suggère le contraire. Seulement 12 ans après la publication initiale du génome humain, les scientifiques ont découvert des preuves préliminaires de fonction pour 80 pour cent du génome.3 Bien qu’elle soit bien loin d’avoir réussi à tester chaque base dans chaque cellule à chaque point dans le temps, cette étude est la plus complète à ce jour. D’autres expériences comme celle-ci nuiront probablement à la position de BioLogos, non l’inverse.
Venema est au courant de ces résultats. En fait, son défi public aux créationnistes était en réponse à ces données. Pourtant, au lieu de reconnaître le caractère prématuré de l’affirmation de l’ADN poubelle, Venema a répondu en affinant sa définition de la « fonction » et ensuite en défiant les créationnistes de prouver expérimentalement la « fonction » pour les deux exemples « non fonctionnels ». Ces sortes de dispositifs rhétoriques sont monnaie courante dans le débat sur les origines et sur le site BioLogos. Aucun croyant ne devrait être intimidé par eux.
Des preuves génétiques continuent de confirmer le récit biblique. « L’ADN poubelle » n’existe pas -sauf pas dans l’esprit du débatteur évolutionniste avisé.

Références

  1. Venema, D. ENCODE and “Junk DNA,” Part 2: Function: What’s in a Word? The BioLogos Forum. Posté sur biologos.org le 26 septembre, 2012, consulté le 12 février, 2013.
  2. Collins, F. S. 2006. The Language of God. New York: Free Press, 136-137.
  3. The ENCODE Project Consortium. 2012. An Integrated Encyclopedia of DNA Elements in the Human Genome. Nature. 489 (7414): 57-74.

* Le Dr Jeanson est directeur adjoint de Life Sciences Research et a obtenu son Ph.D. en biologie cellulaire et du développement à la Harvard University.
Source : http://www.icr.org/article/does-junk-dna-exist