Le célèbre philosophe analytique chrétien William Craig répond par la positive à cette question dans une nouvelle vidéo de vulgarisation en anglais ( https://youtu.be/HQXsTfLsfVc ) dont la transcription (en anglais) peut être trouvée ici :
http://www.reasonablefaith.org/is-the-watchmaker-argument-still-valid#ixzz4Ba67CyIQ
L’argument de Paley s’énonce de la manière suivante :
« En traversant une lande, supposons que je trébuche sur une pierre, et que l’on me demande comment cette pierre était arrivée là. Je pourrais répondre que pour autant que je sache, elle avait toujours été là, et il ne serait pas non plus facile de montrer l’absurdité de cette réponse. Mais supposons que, sur le sol, j’aie trouvé une montre, et que l’on se préoccupe de savoir comment elle était arrivée là. L’idée de faire la même réponse que précédemment — savoir que la montre pouvait avoir été là depuis toujours — ne m’aurait pas même effleuré. Mais pourquoi ne pas admettre cette réponse aussi bien à propos de la montre que de la pierre ? Pour quelle raison est-elle acceptable dans un cas et non dans l’autre ? Pour l’unique raison que voici : après inspection de la montre, nous nous rendons compte (chose impossib le avec la pierre) que ses différentes parties sont disposées et assemblées dans un but précis, c’est-à-dire agencées de manière à produire un mouvement, et celui-ci réglé de manière à indiquer l’heure ; mais si les différentes pièces avaient eu une autre forme, une autre dimension ou un assemblage différent, aucun mouvement n’aurait pu être produit, ou aucun du moins capable de répondre à son usage actuel. Prenons maintenant quelques-unes des pièces les plus simples, et observons leur fonctionnement : tout va dans le même sens. Un boîtier cylindrique contient un ressort élastique dont la détente le fait s’enrouler autour de la boite. Une chaîne flexible (fabriquée dans ce but) transmet le mouvement du ressort de la boîte à la fusée. Nous remarquons par ailleurs une série de rouages dont les dents enclenchées les unes dans les autres transmettent le mouvement de la fusée au balancier, et de là à l’aiguille. Leur dimension et leur forme régulent dans le même temps le mouvement de manière à ce qu’une aiguille parcoure de façon régulière un espace donné en un temps donné. Nous notons que les rouages sont en cuivre pour les empêcher de se rouiller ; les ressorts sont en acier, en raison de la flexibilité très particulière de ce métal ; la partie extérieure de la montre est seule recouverte de verre, car sa transparence permet de ne pasavoir à ouvrir le boîtier pour voir l’heure. L’observation de ce mécanisme réclame sans doute aussi une certaine connaissance
préalable du sujet pour bien le comprendre ; une fois l’examen terminé et bien compris, comment ne pas en inférer que la montre a un horloger ? Il a donc dû exister à un moment ou un autre, dans un lieu ou un autre, un artificier ou des artificiers qui l’ont fabriquée dans le but précis auquel elle répond maintenant ; des artisans qui en ont conçu le mécanisme dans sa totalité pour ensuite l’assigner à un certain usage. » (William Craig, Foi raisonnable : http://foi.raisonnable.free.fr ).
Si l’argument de Paley est valide, cela signifie donc que l’existence de Dieu peut être détectée dans la nature et défendue philosophiquement et scientifiquement. L’existence de Dieu est donc entièrement rationnelle et non exclusivement du ressort de la foi. Elle peut et doit réintégrer la science et non pas en être exclue. Nous tenons par conséquent un type d’arguments très sophistiqués et puissants en faveur de l’existence de Dieu, parfaitement en phase avec nos intuitions naturelles (l’esprit humain est conçu de telle façon qu’il détecte un dessein dans la nature http://www.nature.com/nature/journal/v455/n7216/pdf/4551038a.pdf ) – « L’athéisme sera toujours plus difficile à vendre que la religion, explique Pascal Boyer, parce qu’une série de traits cognitifs nous prédisposent à la foi »; voir aussi http://www.sciencedaily.com/releases/2012/10/121017102451.htm